La surdité congénitale : un risque lié à la robe blanche
La surdité est sans doute la problématique de santé la plus spécifique au Setter Anglais. Elle est directement liée au gène responsable de la pigmentation blanche du pelage. Les chiens à robe fortement blanche (et notamment ceux avec peu de taches colorées) sont statistiquement plus susceptibles d’être atteints de surdité congénitale unilatérale ou bilatérale.
Cette condition est diagnostiquée par un test BAER (Brainstem Auditory Evoked Response), qui mesure l’activité électrique dans les voies auditives. Tout éleveur sérieux fait réaliser ce test sur ses reproducteurs et sur les chiots avant la vente. Un Setter Anglais sourd unilatéralement peut mener une vie normale, mais la surdité bilatérale demande une adaptation de l’éducation (signaux visuels plutôt qu’auditifs). Il est recommandé de demander le certificat BAER au moment de l’achat du chiot.
La dysplasie de hanche : surveiller dès le jeune âge
Comme de nombreuses races de taille moyenne à grande, le Setter Anglais est prédisposé à la dysplasie de hanche. Cette malformation articulaire se traduit par un mauvais emboîtement de la tête du fémur dans le cotyle, générant de la douleur et, à terme, de l’arthrose. Les premiers signes apparaissent souvent entre 6 mois et 2 ans.
Les éleveurs responsables font radiographier leurs reproducteurs et n’utilisent que des animaux dont la hanche est classée A ou B selon le protocole FCI. Lors de l’achat, demander les certifications de dépistage des parents. À la maison, éviter de surcharger les articulations d’un chiot en croissance avec des sauts répétitifs ou des exercices intensifs avant l’âge de 18 mois.
L’hypothyroïdie : une pathologie sous-diagnostiquée
Le Setter Anglais figure parmi les races présentant une prévalence accrue d’hypothyroïdie, un dysfonctionnement de la glande thyroïde qui réduit la production d’hormones thyroïdiennes. Les symptômes incluent une prise de poids inexpliquée, une léthargie, une perte de poils, des infections cutanées récurrentes et une intolérance au froid.
La bonne nouvelle : l’hypothyroïdie canine se traite très bien avec une supplémentation hormonale quotidienne (lévothyroxine), généralement à vie mais à faible coût. Un simple bilan sanguin suffit à poser le diagnostic. Il est conseillé de faire contrôler le taux de T4 lors des bilans annuels passé l’âge de 5 ans.
Autres points de surveillance
Au-delà de ces trois pathologies principales, quelques autres points méritent attention :
- Les oreilles : le pavillon tombant favorise l’accumulation de chaleur et d’humidité, terrain propice aux otites. Nettoyer les oreilles 2 fois par semaine avec un nettoyant adapté.
- La dilatation-torsion de l’estomac (DTE) : comme tous les chiens de gabarit moyen à grand avec poitrine profonde, le Setter Anglais y est potentiellement exposé. Ne jamais faire courir le chien dans l’heure suivant un repas, et fractionner les rations en 2 prises journalières.
- Les yeux : certaines lignées présentent des prédispositions à l’atrophie progressive de la rétine. Un contrôle ophtalmologique annuel est recommandé.
Prévention et suivi vétérinaire
Un Setter Anglais en bonne santé vit 11 à 14 ans. Pour maximiser cette durée de vie, les fondamentaux sont : un bilan vétérinaire annuel dès 7 ans tous les 6 mois, les vaccinations à jour (CHPLR recommandé), une vermifugation tous les 3 mois et un traitement antiparasitaire externe adapté à la saison. Le budget santé moyen pour un Setter Anglais adulte sans problème majeur tourne autour de 300 à 500 euros par an, hors assurance.