Couleurs du Bouvier Bernois : robe tricolore noir, roux et blanc

Le standard FCI (n° 45) n'admet qu'une robe pour le Bouvier bernois : tricolore, avec un fond noir soutenu, des marques feu (brun-rouge foncé) sur les joues, au-dessus des yeux, sur les quatre membres et à la poitrine, et des marques blanches en tête, sur le cou et le poitrail. Une robe non tricolore ou un fond de robe autre que noir entraîne l'exclusion.

La robe tricolore obligatoire

Le fond de robe est noir jais, couvrant le dos, les flancs, le sommet de la tête et la majeure partie de la queue. Sur ce fond noir viennent se placer des marques feu, d’un brun-rouge foncé selon le standard, à des endroits précis :

  • Au-dessus des yeux : deux taches symétriques distinctes, jamais fusionnées
  • Sur les joues : marquages nets, sans déborder sur le front
  • Sur le poitrail : deux taches séparées par le blanc du plastron
  • Sur les quatre membres

Le blanc forme, selon le standard, une marque en tête nettement délimitée et symétrique (une liste qui s’élargit vers la truffe pour dessiner le blanc du museau) et une plage blanche ininterrompue et modérément large sur le cou et le poitrail. Des pieds blancs et une pointe de queue blanche sont recherchés ; une petite tache blanche à la nuque ou sous la queue est tolérée. Un collier blanc, une liste trop large ou des balzanes qui montent nettement au-delà du milieu du métacarpe sont des défauts.

Pourquoi cette robe est aussi stricte

La tricoloration du Bouvier Bernois découle d’une sélection très ancienne dans les fermes des préalpes bernoises et du centre du canton de Berne, en Suisse. Les paysans bernois sélectionnaient leurs chiens sur le travail (garde, trait, conduite du bétail) mais aussi sur la robe, qui permettait de les identifier facilement dans la neige et au loin dans les pâturages.

La robe tricolore est le marqueur génétique d’un élevage pur depuis des siècles. Un Bouvier Bernois portant d’autres couleurs (gris, roux uni, dilué) trahit soit un croisement, soit une mutation rare non désirée.

L’intensité des couleurs selon l’âge

Les chiots Bouvier Bernois naissent avec les trois couleurs déjà nettement distinctes. Contrairement au Dalmatien dont les taches apparaissent progressivement, le tricolore du Bouvier Bernois est présent dès la naissance.

La couleur s’intensifie entre 3 et 18 mois. Le roux, parfois un peu terne à la naissance, devient progressivement plus vif. Le noir s’affine et perd son aspect légèrement grisé du chiot pour devenir un noir profond chez l’adulte. À 3-4 ans, la robe est à son apogée.

Avec l’âge (dès 6-7 ans), des poils blancs apparaissent autour du museau et sur les sourcils : c’est le grisonnement naturel, sans lien avec les marquages standards.

La fourrure : poil long et entretien

Le standard FCI décrit un poil long et brillant, lisse ou légèrement ondulé, et classe le poil court ou le « poil double » parmi les défauts entraînant l’exclusion. Cette fourrure longue est ce qui rend la race si inadaptée aux chaleurs estivales : son architecture capillaire est conçue pour les hivers alpins à -15°C.

La mue est intense, deux fois par an. En dehors des mues, la perte de poils est constante. Attendre d’avoir un Bouvier Bernois pour réaliser qu’on a des poils partout est l’une des erreurs d’adoption les plus fréquentes avec cette race.

Ce qui est éliminatoire au standard FCI

  • Robe non tricolore : bicolore noir et blanc sans marques feu, ou robe unicolore (noir seul, roux seul)
  • Fond de robe autre que noir (gris bleu ou chocolat, par exemple)

D’autres écarts de couleur sont des défauts, pénalisés sans entraîner l’exclusion : absence de blanc en tête, collier blanc, grande tache blanche à la nuque ou sous la queue (plus de 6 cm), marques asymétriques, taches noires dans le blanc du poitrail, fond noir tirant sur le brun ou le rouge.

Un chiot Bouvier Bernois aux couleurs non conformes peut tout à fait être un excellent compagnon, mais il ne pourra pas être exposé et ne devrait pas être mis à la reproduction dans une approche de préservation de la race.

Questions fréquentes sur les couleurs du Bouvier Bernois

Existe-t-il des Bouviers Bernois de couleur différente ?

Non, au sens du standard FCI. Certains éleveurs non agréés proposent des Bouviers Bernois d’autres couleurs (roux, noir et blanc sans feu, etc.) mais il s’agit soit de croisements, soit de mutations. Ces chiens ne sont pas conformes au standard et leur santé génétique est souvent moins suivie.

Le blanc peut-il couvrir la tête du Bouvier Bernois ?

En partie : le standard FCI demande une marque blanche en tête, nettement délimitée et symétrique, sous forme de liste qui s’élargit sur le museau, sans atteindre les marques feu au-dessus des yeux. L’absence de blanc en tête, une liste trop large, un blanc du museau dépassant nettement la commissure des lèvres ou une tache blanche à la nuque de plus de 6 cm sont des défauts.

Pourquoi les marquages roux varient-ils d’un Bouvier Bernois à l’autre ?

L’intensité et l’étendue des marquages roux varient selon la génétique individuelle. Certains individus ont des marquages très étendus et vifs, d’autres des marquages plus discrets. Les deux sont acceptés tant que les emplacements réglementaires sont respectés.

La couleur du Bouvier Bernois est-elle liée à son caractère ?

Non. Il n’existe aucune corrélation scientifiquement établie entre la couleur de robe et le tempérament chez cette race. Le caractère dépend de la lignée, de la socialisation et de l’éducation.