Couleurs du Dogue de Bordeaux : fauve et masques

Le standard FCI (n° 116) n'admet qu'une couleur pour le Dogue de Bordeaux : le fauve unicolore, de l'acajou à l'isabelle, avec un masque noir, un masque marron ou sans masque. Le blanc en tête ou sur le corps et toute autre couleur, en particulier le bringé et le marron uniforme dit « chocolat », entraînent l'exclusion.

Ce qui varie, c’est le masque, et ce détail change radicalement l’apparence de l’animal.

Le fauve : couleur unique, gamme large

Techniquement, tous les Dogues de Bordeaux sont fauves. La gamme va du fauve clair (presque beige doré) au fauve rouge (roux profond, parfois qualifié d’acajou). Entre les deux, on trouve le fauve classique, le plus répandu, que la plupart des gens imaginent spontanément en pensant à cette race.

Ce pigment fauve est produit par la phéomélanine. Son intensité varie selon les gènes, l’âge et même l’alimentation. Un chiot peut naître fauve clair et foncer progressivement jusqu’à ses 2 ans, période à laquelle sa robe définitive est établie.

Le masque : noir, marron ou absent

Le masque est la zone de pigmentation plus sombre autour du museau, des lèvres et parfois des yeux. Le standard de la FCI décrit deux types de masques, plus le cas du chien sans masque :

  • Le masque noir : souvent assez peu étendu, il ne doit pas envahir la région crânienne ; il peut s’accompagner de légères charbonnures sur le crâne, les oreilles, le cou et le dessus du corps, et la truffe est noire. C’est le masque le plus emblématique, celui qu’on voit sur la quasi-totalité des photos emblématiques de la race.
  • Le masque marron (anciennement dit rouge ou bistre) : truffe, bord des paupières et bord des lèvres marron, parfois avec des charbonnures marron non envahissantes. Moins contrasté, mais tout à fait conforme au standard.

Un troisième cas existe : l’absence de masque. Le poil est alors fauve, la peau apparaît rouge (on parlait jadis de « masque rouge ») et la truffe peut être rougeâtre. Ces individus sont admis au standard, qui tolère chez eux des yeux moins foncés sans les rechercher ; ils seraient moins valorisés en exposition. Ils n’ont pas de défaut génétique particulier.

Les taches blanches : tolérées sous conditions

Le standard admet des taches blanches peu étendues dans deux zones précises : le poitrail et l’extrémité des membres. Ces marques blanches ne sont pas un défaut, à condition qu’elles restent limitées. Une tache blanche sur le poitrail, fréquente dans la race, n’est pas disqualifiante.

En revanche, le blanc à l’extrémité de la queue, sur l’avant des membres au-dessus du carpe et du tarse, ou couvrant sans interruption l’avant du tronc du poitrail à la gorge est un défaut grave, et le blanc en tête ou sur le corps entraîne l’exclusion. Ces anomalies de pigmentation peuvent signaler des problèmes génétiques connexes.

Ce qui entraîne l’exclusion selon le standard

Plusieurs caractéristiques de robe et de pigmentation entraînent l’exclusion selon le standard FCI :

  • Toute couleur de robe autre que le fauve, charbonné ou non, par exemple une robe noire
  • Blanc en tête ou sur le corps
  • Robe bringée (rayures sombres sur fond fauve, caractéristique du Boxer ou du Cane Corso mais pas du Dogue de Bordeaux)
  • Robe uniformément marron dite « chocolat », où chaque poil est entièrement marron
  • Yeux bleus

Un animal exclu en exposition n’est pas forcément un mauvais chien de compagnie. Ces critères ne concernent que la conformité au standard d’exposition.

Pourquoi cette robe est typique du Sud-Ouest

Le Dogue de Bordeaux est une race française dont les origines remontent à la région bordelaise, dans le Sud-Ouest de la France. Cette couleur fauve chaude n’est pas un hasard : elle correspond à une sélection visuelle menée localement sur plusieurs siècles, par des éleveurs qui privilégiaient les animaux les plus résistants à la chaleur et les plus impressionnants pour la garde des domaines viticoles. La robe claire réfléchit mieux la chaleur, avantage non négligeable dans un climat gascon.