Types de hernie discale : Hansen type 1 et type 2

Tous les chiens ne sont pas affectés de la même façon par les hernies discales. La médecine vétérinaire distingue deux types principaux selon le mécanisme de la lésion.

Le syndrome de Hansen type 1

C’est la forme la plus courante chez les races chondrodystrophiques (à membres courts et colonne longue). Le noyau du disque se calcifie prématurément, puis s’expulse brutalement dans le canal vertébral. L’apparition des signes est rapide, parfois en quelques heures. Cette forme frappe généralement les chiens jeunes à d’âge moyen, entre 3 et 7 ans. La compression est souvent sévère et peut provoquer une paralysie soudaine.

Le syndrome de Hansen type 2

Il touche davantage les grandes races et survient plus tardivement, souvent après 8 ans. L’anneau fibreux du disque se dégrade progressivement et fait saillie dans le canal vertébral. L’évolution est lente, les signes s’installent sur des semaines ou des mois. Le chien compense longtemps avant que la gêne devienne visible.

Races prédisposées à l’IVDD

Les races chondrodystrophiques présentent un risque génétique élevé de discopathie de type 1. Leur colonne vertébrale allongée combinée à des membres courts et une dégénérescence précoce des disques en fait des candidats fréquents.

Les races les plus concernées sont le Teckel (qui représente à lui seul une part très significative des cas), le Beagle, le Basset Hound, le Pékinois, l’Épagneul Cocker, le Welsh Corgi, le Bouledogue Français et le Shih Tzu. Chez ces races, la vigilance doit être permanente : tout épisode de douleur dorsale ou de faiblesse des membres doit être pris au sérieux rapidement.

Symptômes : comment reconnaître une hernie discale

Les signes cliniques varient selon la localisation de la hernie (cervicale ou thoraco-lombaire) et le degré de compression médullaire. Ils s’échelonnent de légers à critiques.

Signes précoces

Le chien refuse de sauter, d’utiliser les escaliers, de monter en voiture. Il peut crier en étant manipulé ou simplement en changeant de position. Le dos est voûté, la tête portée basse. Il peut trembler sans autre raison apparente. Ces signes de douleur dorsale doivent conduire à une consultation rapide, avant que la situation n’évolue vers une atteinte neurologique.

Signes intermédiaires : l’ataxie

L’ataxie est une démarche chancelante, comme si le chien était ivre. Les membres postérieurs croisent, glissent ou semblent ne plus répondre correctement aux ordres du cerveau. Le chien peut tomber sur le côté en marchant ou traîner ses pattes. Ce stade indique une compression significative de la moelle épinière.

Stade avancé : la paralysie

Le chien ne peut plus se lever, ne peut plus déplacer ses membres postérieurs, perd le contrôle de la vessie et des intestins. Si la sensibilité profonde (la capacité à ressentir une pression forte sur les doigts) est perdue, le pronostic se dégrade fortement. Ce stade exige une prise en charge chirurgicale dans les 12 à 24 heures si la chirurgie est envisagée.

Diagnostic de la hernie discale

Le vétérinaire commence par un examen neurologique complet pour localiser le niveau de la lésion et évaluer le grade d’atteinte (de 1 à 5 selon les classifications habituelles). Les radiographies standard peuvent révéler des calcifications discales mais ne montrent pas la compression de la moelle. Le scanner (CT-scan) ou l’IRM sont nécessaires pour visualiser précisément la hernie et décider de l’approche thérapeutique. Ces examens se pratiquent en clinique spécialisée ou dans les CHV (centres hospitaliers vétérinaires).

Traitement médical ou chirurgical

Le traitement médical

Il est réservé aux cas légers (grade 1 à 2), c’est-à-dire douleur sans déficit neurologique ou ataxie légère. Il repose sur le repos strict en cage pendant 4 à 6 semaines, les anti-inflammatoires stéroïdiens ou non stéroïdiens, et parfois des relaxants musculaires. Le repos strict est fondamental : le chien ne doit pas courir, sauter ni monter des escaliers. La surveillance est rapprochée car une aggravation impose de reconsidérer la chirurgie.

La chirurgie

Elle est indiquée dès le grade 3 (ataxie marquée), en urgence pour les grades 4 et 5 (paralysie). L’objectif est de décomprimer la moelle épinière en retirant le matériel discal expulsé. Les techniques les plus utilisées sont l’hémilaminectomie (accès latéral à la colonne) et la ventral slot (pour les hernies cervicales). Le taux de succès chirurgical dépend du grade préopératoire et du délai entre l’apparition des signes et l’opération : un chien opéré dans les 24 à 48 heures avec sensibilité profonde conservée a un pronostic favorable dans plus de 90 % des cas.

Rééducation après hernie discale

Qu’il s’agisse d’un traitement médical ou chirurgical, la rééducation est une étape clé de la récupération. Elle permet de maintenir la tonicité musculaire, de réactiver les connexions nerveuses et d’accélérer le retour à la marche.

Les techniques utilisées incluent l’hydrothérapie (tapis immergé ou piscine), les exercices d’équilibre sur surface instable, la stimulation proprioceptive et les massages. Un vétérinaire spécialisé en rééducation ou un kinésithérapeute vétérinaire établit un programme adapté au grade de l’atteinte. La durée de rééducation va de 4 semaines pour les cas légers à plusieurs mois pour les paralysies sévères.

Prévention et adaptation du quotidien

Pour les races prédisposées, quelques règles simples réduisent le risque de hernie discale ou d’aggravation après un premier épisode. Le chien ne doit pas sauter d’un canapé ou d’une voiture : des rampes d’accès sont indispensables. Il ne doit pas descendre les escaliers en courant. Il faut éviter les jeux brusques qui sollicitent la colonne. La surveillance du poids est importante car le surpoids augmente les contraintes sur les disques. Après un premier épisode, même traité avec succès, les récidives sont fréquentes chez les races chondrodystrophiques.

Pour un point complet sur les signes qui doivent conduire en urgence, lisez notre guide des signes d’urgence vétérinaire. Si votre chien présente aussi une atteinte articulaire, l’article sur la dysplasie du coude peut vous intéresser. Chez les chiens plus âgés, la hernie discale coexiste parfois avec une arthrose qu’il faut également prendre en charge.

Questions fréquentes sur la hernie discale du chien

Un chien peut-il se remettre complètement d’une hernie discale ?

Oui, dans la majorité des cas diagnostiqués et traités rapidement. Les grades 1 et 2 récupèrent généralement bien avec le traitement médical. Les grades 3 et 4 opérés tôt ont un bon pronostic de récupération complète ou quasi-complète. Le grade 5 avec perte de sensibilité profonde est le plus incertain : la récupération est possible mais non garantie, même après chirurgie.

Combien de temps dure la récupération après une chirurgie de hernie discale ?

Elle varie selon la sévérité initiale. Un chien ayant récupéré la marche en post-opératoire immédiat pourra reprendre une vie normale en 6 à 8 semaines. Un chien parapléjique peut nécessiter 3 à 6 mois de rééducation intensive. Certains n’auront jamais une récupération totale mais pourront mener une vie de qualité avec des aménagements.

Mon Teckel a mal au dos : faut-il aller chez le vétérinaire immédiatement ?

Oui. Chez un Teckel, toute douleur dorsale doit être évaluée par un vétérinaire dans les 24 heures. Le risque d’évolution rapide vers une atteinte neurologique est réel. Ne donnez pas d’anti-inflammatoires humains en attendant : ils peuvent masquer les signes et compliquer le diagnostic.

L’IVDD peut-elle être prévenue par la génétique ?

Partiellement. Des programmes de sélection génétique existent dans certaines races (notamment le Teckel) pour réduire la prévalence de la chondrodystrophie. Le test CDDY (Chondrodystrophic Dwarfism) permet d’identifier les porteurs. Mais même un chien issu d’un élevage attentif à ces critères peut développer une IVDD.

Le chien peut-il avoir une hernie discale cervicale ?

Oui, les hernies cervicales existent et produisent des signes différents : douleur à la manipulation du cou, port de tête bas, refus de monter ou descendre. Les membres antérieurs peuvent être atteints. La prise en charge est identique dans son principe : évaluation neurologique, imagerie, décision thérapeutique selon le grade.

Mon chien a été opéré d’une hernie discale : peut-il en avoir une autre ?

Oui. Chez les races prédisposées, un premier épisode augmente le risque de récidive à un autre niveau discal. La prévention passe par le maintien d’un poids de forme, l’élimination des sauts et des escaliers, et une surveillance accrue de tout signe de douleur dorsale.

Conclusion

La hernie discale est une affection sérieuse mais traitable dans la grande majorité des cas, à condition d’agir vite. Chez les races à risque, apprenez à reconnaître les premiers signes et ne perdez pas de temps : le délai de prise en charge est le facteur le plus déterminant pour la qualité de la récupération.