Pourquoi les frais vétérinaires sont élevés pour un Bullmastiff
Le coût des soins vétérinaires d’une grande race est structurellement plus élevé que pour une race de taille petite ou moyenne, pour plusieurs raisons :
- Les doses de médicaments (anesthésiants, anti-inflammatoires, antibiotiques) sont proportionnelles au poids. Un Bullmastiff de 55 kg consomme 3 à 4 fois plus de produits qu’un chien de 15 kg pour la même intervention.
- Les actes chirurgicaux sont plus complexes et plus longs sur un gabarit important. Le temps d’anesthésie, le matériel utilisé et l’expertise requise augmentent les honoraires.
- Les soins d’hospitalisation (soins infirmiers, monitoring post-opératoire) coûtent plus cher pour un grand chien, notamment en unités de soins intensifs vétérinaires.
À titre indicatif, quelques ordres de grandeur pour un Bullmastiff adulte :
- Chirurgie de dysplasie de la hanche (prothèse ou ostéotomie) : 2 000 à 4 000 € par hanche
- Blépharo-plastie pour entropion : 400 à 900 € par œil
- Echocardiographie cardiaque : 200 à 400 €
- Torsion-dilatation gastrique (urgence) : 2 000 à 5 000 € selon la complexité
- Traitement d’un lymphome sur 6 mois : 3 000 à 8 000 €
Les niveaux de couverture disponibles
Les assurances santé chien se déclinent généralement en trois niveaux de garanties :
Formule basique (accident uniquement) : Elle couvre les soins consécutifs à un accident (fracture, plaie, intoxication). Elle exclut les maladies, notamment les pathologies héréditaires comme la dysplasie ou la cardiomyopathie. Pour un Bullmastiff, cette couverture est insuffisante : les principales causes de frais élevés sont des maladies, pas des accidents.
Formule intermédiaire (accident + maladie) : Elle intègre la couverture des maladies déclarées après le délai de carence (généralement 30 à 90 jours selon les contrats). C’est le niveau minimum recommandé pour le Bullmastiff. Elle couvre les consultations spécialisées, les examens d’imagerie (radio, echo, scanner) et les chirurgies liées aux maladies courantes de la race.
Formule complète (tout risque + prévention) : Elle ajoute la prise en charge partielle des soins préventifs (vaccins, antiparasitaires, bilan annuel). Pour un Bullmastiff dont le suivi préventif est rigoureux, cette formule peut être rentable sur la durée, même si la cotisation mensuelle est plus élevée.
Points de vigilance lors du choix du contrat
Tous les contrats d’assurance ne se valent pas. Plusieurs clauses méritent une attention particulière avant de souscrire :
- Les exclusions liées aux maladies héréditaires : certains assureurs excluent systématiquement les pathologies génétiques (dysplasie, cardiomyopathie). Pour le Bullmastiff, cette exclusion vide le contrat d’une grande partie de son intérêt.
- Le délai de carence : période suivant la souscription pendant laquelle aucun remboursement n’est possible. Il varie de 15 jours (accidents) à 90 jours ou plus (maladies chroniques). Souscrire avant tout symptôme est impératif.
- Le plafond annuel de remboursement : un plafond trop bas (moins de 2 000 €/an) peut être insuffisant en cas de chirurgie orthopédique majeure chez un Bullmastiff.
- Le taux de remboursement réel : vérifier si le remboursement se fait sur la base des honoraires réels du vétérinaire ou sur un barème interne parfois bien inférieur.
- La franchise : un montant fixe ou un pourcentage non remboursé par sinistre. Une franchise élevée diminue le coût de la cotisation mais réduit l’intérêt pour les petits sinistres.
Quel budget cotisation prévoir pour un Bullmastiff ?
Le coût d’une assurance pour un Bullmastiff dépend de l’âge du chien, de la formule choisie et de l’assureur. À titre indicatif :
- Chiot de moins de 1 an, formule intermédiaire : 40 à 70 € par mois
- Adulte de 3 à 6 ans, formule intermédiaire : 60 à 100 € par mois
- Adulte de plus de 7 ans (senior), formule intermédiaire : 80 à 130 € par mois (si le contrat accepte encore les nouvelles souscriptions à cet âge)
Il est fortement conseillé de souscrire dès l’acquisition du chiot, avant que tout problème de santé soit déclaré. Passé 7 ans, beaucoup d’assureurs refusent les nouvelles souscriptions ou excluent les pathologies existantes.
Questions fréquentes sur l’assurance Bullmastiff
L’assurance rembourse-t-elle la dysplasie du Bullmastiff ?
Cela dépend du contrat. Certains assureurs excluent explicitement les maladies héréditaires et génétiques. D’autres couvrent la dysplasie si elle est déclarée après le délai de carence et si le chien n’avait pas de signes cliniques au moment de la souscription. Lire attentivement les conditions générales avant de signer.
Vaut-il mieux une assurance ou un compte épargne vétérinaire ?
Les deux approches ne s’excluent pas. Un compte épargne dédié aux frais vétérinaires (50 à 100 € par mois mis de côté) peut couvrir les petits frais courants. Mais face à une urgence chirurgicale à 4 000 €, une assurance qui rembourse 80 % est bien plus efficace qu’une épargne qui aura mis plusieurs années à se constituer.
Peut-on assurer un Bullmastiff senior de 8 ans ?
Certains assureurs refusent les nouvelles souscriptions au-delà de 7 ou 8 ans. D’autres acceptent mais avec des exclusions importantes sur les maladies chroniques préexistantes. La démarche est plus compliquée et le tarif plus élevé. Mieux vaut souscrire tôt et maintenir le contrat tout au long de la vie du chien.
Quels assureurs proposent de bonnes couvertures pour les grandes races en France ?
Plusieurs acteurs du marché français couvrent les grandes races : Santevet, Agria, Bulle Bleue, Petsecur, April Pet. Il est utile de comparer plusieurs devis personnalisés (en renseignant la race, l’âge et le niveau de couverture souhaité) plutôt que de se fier uniquement aux classements généraux, car les conditions varient selon les profils.
Conclusion
Assurer un Bullmastiff n’est pas un luxe : c’est une décision financièrement rationnelle compte tenu des risques spécifiques à la race et du coût des soins d’un grand chien. Souscrire tôt, choisir une formule qui couvre les maladies (et non les seuls accidents), et vérifier les exclusions sur les pathologies héréditaires sont les trois règles d’or pour une assurance réellement utile.