La neuropathie dégénérative héréditaire (NDH)
La NDH du Coton de Tuléar (HSAN, Hereditary Sensory and Autonomic Neuropathy) est une maladie autosomique récessive causée par une mutation du gène FAM134B. Cette mutation perturbe le transport des lipides dans les neurones sensoriels périphériques, entraînant leur dégénérescence progressive. Les chiots atteints (porteurs de deux copies de la mutation) montrent des signes à partir de 2 à 4 mois : tremblements, incoordination, difficultés à marcher. La maladie évolue défavorablement et conduit souvent à l’euthanasie. Il n’existe pas de traitement. Un chien porteur (une seule copie) ne présente aucun symptôme mais peut transmettre la maladie.
Le test ADN : outil indispensable pour les éleveurs
Un test ADN pour la NDH est disponible depuis plusieurs années. Il identifie trois statuts génétiques :
– N/N (indemne) : le chien n’est pas porteur et ne peut pas transmettre la maladie.
– N/NDH (porteur) : le chien ne développe pas la maladie mais peut la transmettre à sa descendance s’il est accouplé avec un autre porteur.
– NDH/NDH (atteint) : le chien développera la maladie.
Les laboratoires qui proposent ce test en France incluent Antagene et les partenaires Laboklin. Le test se réalise par frottis buccal envoyé par courrier. Coût : 60 à 100 euros.
Diversité génétique et risques de consanguinité
Le Coton de Tuléar est une race à effectif réduit. La population mondiale de reproducteurs est limitée, ce qui augmente le risque de consanguinité avec les années. Un coefficient de consanguinité élevé amplifie l’expression des maladies récessives et réduit la vitalité générale. Les éleveurs sérieux calculent ce coefficient à partir des pedigrees (disponibles via le LOF pour les chiens inscrits) et évitent les accouplements entre individus trop proches. Des apports de sang étranger via des reproducteurs importés contribuent à maintenir la diversité génétique de la race en France.
Autres maladies à surveiller génétiquement
En dehors de la NDH, des recherches en cours étudient d’éventuels facteurs génétiques liés à la luxation de la rotule et aux fragilités dentaires du Coton. Des panels génétiques complets (Embark, Wisdom Panel) testent également des centaines d’autres mutations héréditaires décrites chez les chiens en général, même si leur prévalence spécifique chez le Coton n’est pas toujours documentée.
Questions fréquentes sur la génétique du Coton de Tuléar
Si j’achète un chiot Coton de Tuléar, dois-je exiger le test NDH des parents ?
Oui, absolument. Un chiot issu de deux parents testés N/N ne peut pas développer la NDH. C’est la seule garantie fiable. Si l’éleveur ne peut pas produire les certificats de test ADN des deux parents, passez votre chemin : le risque est réel et les conséquences dévastatrices.
Un Coton de Tuléar porteur N/NDH peut-il vivre normalement ?
Oui, totalement. Un porteur sain ne présente aucun symptôme et peut mener une vie parfaitement normale. La restriction s’applique uniquement à la reproduction : un porteur ne doit s’accoupler qu’avec un partenaire N/N pour éviter de produire des chiots atteints.
Quand le test ADN peut-il être réalisé sur un chiot Coton de Tuléar ?
Le test ADN par frottis buccal peut être réalisé à n’importe quel âge, y compris chez le chiot. Les éleveurs responsables testent les chiots avant de les placer, ou testent les reproducteurs avant l’accouplement. Il n’y a pas d’âge minimum pour ce type de test.
Conclusion
La génétique du Coton de Tuléar est globalement rassurante : une seule maladie héréditaire grave, parfaitement identifiée et évitable grâce à un test ADN simple. La sélection responsable pratiquée par les éleveurs sérieux réduit chaque année la prévalence de la NDH dans la race. Choisir un chiot issu de parents testés N/N est la décision la plus importante qu’un futur propriétaire puisse prendre.